Combien vaut mon idée ?

Tout innovateur rêverait de  pouvoir répondre à la question : « Combien vaut mon idée ? » En effet, évaluer une idée d’innovation n’est déjà pas toujours très simple car cela reste en général assez subjectif. Quant à calculer sa valeur, on se doute que cela relève de l’utopie. Il existe pourtant une méthode de calcul qu’on peut utiliser pour cela. Elle nous est proposée par Anthony Ulwick dans un article de 2011 intitulé « What is Outcome-Driven Innovation® (ODI)? » et porte le nom de « Opportunity landscape model ». Pour comprendre la méthode de calcul, il faut d’abord partir de deux axes d’évaluation :

L’importance du travail à accomplir par l’innovation issue de l’idée.

Le niveau de satisfaction apportée par les solutions déjà en place.

 Le « travail à accomplir » correspond à la notion très éclairante de « job to be done » introduite  par Christensen, où la notion d’application (problème à résoudre chez les clients) au sens qui lui est donnée dans la matrice de segmentation des marchés présentée dans l’ouvrage de P. Millier  «L’étude des marchés qui n’existent pas encore». Cette notion est essentielle car elle met en avant qu’un client (qu’il soit externe à l’entreprise ou interne) achète un produit ou adopte une innovation pour faire un travail, accomplir une tâche ou résoudre un problème. C’est le service, le bénéfice, que le client achète, pas le produit qui n’est que le support du service. Cela évoque aussi qu’un client ne vous achète pas un produit parce qu’il vous aime, mais bien pour qu’il remplisse une fonction.

À partir de là, on va noter chaque idée ou chaque projet sur une échelle de 1 à 10 sur chacun des deux axes respectivement. Du fait du choix des axes et du principe de notation retenu, le schéma proposé par l’auteur délimite quatre zones :

–  Une zone où les problèmes des clients sont largement satisfaits par les solutions en place. (Overserved)

–  Une zone  où les problèmes sont correctement servis. (Appropriately served)

–  Une zone  présentant des opportunités limitées. (Limited opportunity)

–  Une zone  où il y a de réelles places à prendre. (Underserved)

 Le tableau se présente de la manière suivante :

 Modèle d’« Opportunity landscape »

 La manière de calculer la valeur d’une idée relève enfin d’une équation simple qu’on peut écrire sous la forme suivante :

Valeur de l’opportunité = importance + max (importance – satisfaction, 0).

 Prenons trois exemples pour illustrer :

L’idée 1 dont les notes sont respectivement 4 en importance et 7 en termes de satisfaction apportée par les solutions concurrentes.

La valeur de cette idée est de : 4+ max (4 – 7, 0) soit 4+ max (-3, 0) soit 4 + 0 = 4.

De même, la valeur de l’idée 2 (x= 5, y= 4) est de 5+ max (5 – 4, 0) = 5+ max (1, 0) =6.

Enfin, la valeur de l’idée 3 (x= 9, y= 3) est de 9+ max (9 – 3, 0) = 9+ max (6, 0) = 9+6 = 15.

 Peut-on conclure du fait qu’on a un chiffre pour « quantifier » qu’on a pour autant pu CALCULER LA VALEUR D’UNE IDEE d’innovation ? Dans l’absolu, cela parait difficile à admettre. En revanche, si l’on a plusieurs idées à évaluer, on peut concevoir qu’on puisse avoir une évaluation relative qui permette de privilégier les idées mieux placées que les autres. Cette hypothèse est d’autant plus admissible qu’une seule et même personne (ou petit groupe) a effectué l’évaluation de l’ensemble. En tous les cas on peut se rassurer en se disant que si l’évaluation n’est pas objective on a au moins rationalisé un peu la procédure d’évaluation.

This entry was posted in Non classé. Bookmark the permalink.

2 Responses to Combien vaut mon idée ?

  1. Lafayette says:

    Sans aucun doute que c’est une valeur importante.

    En terme de valeur, il y a un lien avec la durée du produit issu de l’idée.

    On ne sait toujours pas le lien avec le salaire du CEO !

    On devrait peut être avoir plus de reconnaissance envers les employés qui modèlent ces idées en produits, car souvent l’idée n’est pas innovante, mais ce qui est innovant est la manière de la traiter. Une nouvelle technologie suffit souvent à refaire une invention sur un produits existant. Ca peut aller de la rénovation au nouveau concept, mais en terme de coût et de temps on comprend facilement que le nombre de concepteur fait du neuf et en europe on continue dans la rénovation trop souvent.

  2. On peut être très satisfait par une solution existante parce qu’on en connait pas d’autre.
    Ce qui est important de mesurer est le degrés d’insatisfaction de l’idée ancienne générée par l’expérience de l’idée nouvelle.

    Georges Koussouros

    « Inventeur sur demande »

    Concepts, Solutions, Interfaces, Fonctions, Applications, Formes, Stratégie…

    Site Web: http://www.PROinvention.com

    Adresse : 76 Avenue des Champs Elysées | 75008 Paris | France

    Tel-Fax: 01 771 743 04

    Mobile: 0 641 688 655

    Email: georges@genese.org

    Vcard : http://getvcard.com/getvcard.asp?UID=LqypRF9

    31/10/2012

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *